Et si Delanoë était le grand vainqueur?

25 11 2008

Des « big three », il est apparu comme le grand perdant après le congrès de Reims. Son courant n’est arrivé qu’en deuxième position (à quelques voix seulement de la troisième place) alors même que la victoire lui tendait les bras; grâce au soutien, entre autres, des hollandistes et des moscovicistes. Et puis, en raison du mauvais score de sa motion, la « A », le Maire de Paris n’a même pas été en mesure de se porter candidat à la tête du parti.

Pire, en appelant à voter pour Martine Aubry, Bertrand Delanoë a pris le risque de fracturer son propre camp, tiraillé entre des aspirations aubryistes et la volonté de ménager Ségolène Royal.

Et puis…

Et puis la nouvelle guerre des deux roses est survenue. Dans ce face à face meurtrier entre la dame des 35 heures et la dame du Poitou-Charentes, Delanoë est encore apparu effacé, peut-être contraint et forcé par un rapport de force qui lui est désormais très défavorable au sein du parti. Mais ce retrait pourrait, à terme, l’avantager, le faire apparaître comme celui qui n’a pas participé à cette campagne fatricide, cette chienlit dont on ne connait pas encore l’issue.





« Je vous encourage »

20 11 2008

Cher Otto,

Mon service de presse vient de me transmettre l’adresse de votre blog. Je l’ai parcouru avec beaucoup de plaisir et dois dire que malgré sa récente naissance, il est déjà bien pourvu. Félicitations, donc.

Je vous encourage à persévérer et même à rédiger pour « Désirs d’avenir » si vous le souhaitez.

Néanmoins, je regrette que vous fassiez référence à Howard Dean et à sa faculté de mettre au « congélateur » ses ambitions présidentielles. Sans doute vouliez-rappeler par cette allusion ma promesse de mettre au frigidaire ma candidature à la tête du Parti Socialiste.

Mais sachez qu’en politique, on se sert toujours du frigidaire, jamais du congélateur. Regardez Michel Rocard, Laurent Fabius, Lionel Jospin…

A bientôt pour de nouveaux articles intéressants,

Ségolène Royal





Tensions avec le service d’ordre du PS à Reims

19 11 2008

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Le ridicule-socialisme

18 11 2008

Le Parti Socialiste n’avait déjà, dans le fond, plus grand chose de socialiste. Que cela plaise ou non. Désormais, on peut dire qu’il a également perdu son statut de parti.

D’après la définition du Trésor, un parti politique est une organisation dont les membres, animés de convictions politiques communes, les font connaître à l’opinion publique et mènent une action en vue de les faire triompher. Si l’on dresse le bilan du week-end rémois, force est de constater que les Socialistes ne se sont pas comportés en parti politique. Aucune proposition de programme politique n’a émergé de ce congrès. Pas la moindre volonté de rassemblement des différentes forces constituant le « parti » ne s’est manifestée. Au contraire, toutes les actions menées ont concouru à disperser les courants, emportés par la force centrifuge de la division et de la bataille des égos.

Je ne reviendrai pas sur les différentes scènes et séquences du week-end – sur lesquelles la presse a déjà largement glosées. Seulement, je vous signale un bon article du Figaro qui résume assez correctement les différents évènements ainsi que les réactions les plus symptomatiques des dirigeants. Si jamais vous n’étiez pas informés…Et si, à tout hasard, la lecture de ce journal ne vous rebutait pas.

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/11/17/01002-20081117ARTFIG00267–reims-l-echec-au-bout-de-la-nuit-.php

Et puis j’aimerais vous livrer mon analyse personnelle de la déroute. Car, d’après moi, c’est bien de cela qu’il s’agit. Une véritable déroute collective.

Aux Etats-Unis, le Parti Démocrate abrite en son sein une constellation de personnalités brillantes, reconnues sur la scène politique nationale et internationale (Hillary et Bill Clinton, Al Gore, John Edwards, Nancy Pelosi…). Les luttes pour le pouvoir, parfois féroces comme on l’a vu dernièrement entre Barack et Hillary à l’occasion des primaires, ne les empêchent pas de collaborer, d’avancer des propositions et a fortiori de gagner des élections. Peut-être parce que le parti n’est pas aux mains d’un seul clan et que les têtes d’affiche ne le dirigent pas. C’est Howard Dean, candidat malheureux (de la gauche du parti) aux primaires démocrates de 2004 qui en est le chef d’orchestre depuis le 12 février 2005. En échange, il a accepté de mettre au congélateur ses ambitions présidentielles. Promesse tenue.

Face à un Nicolas Sarkozy soutenu par l’UMP comme un seul homme en 2012, il n’est pas sûr que le candidat socialiste se retrouve en aussi bonne posture au rendez-vous présidentiel, avec un PS à ce point morcelé. Certains, animés de bonne volonté, veulent croire qu’il sera possible de recoller les morceaux après l’élection du Premier Secrétaire. Mais quelle que soit l’issue du scrutin de jeudi, la haine et l’envie d’en découdre sont telles entre les différentes forces en présence que les rivalités et les oppositions rejailliront nécessairement lors des primaires organisées par le parti en 2011.

On peut d’ores et déjà imaginer que Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal seront candidats. Peut-être aussi Laurent Fabius et/ou Benoît Hamon. Sans doute d’autres encore (DSK ?). Mais pour quoi au juste ? Sans vrai leader ni projet collectif, en l’absence d’unité, le PS s’est offert à la sortie du congrès de Reims un ticket pour une nouvelle séance de cinq ans au purgatoire du pouvoir.

Sur le sujet de la gouvernance du PS, il aurait peut-être fallu écouter avec un peu plus d’attention, Pierre Moscovici et ses amis. A mon avis… Dans la perspective du dépôt des motions, ils ne voulaient absolument pas d’une présidentialisation du parti, voyant dans cette issue l’impossibilité du « vivre ensemble ». L’ambiance qui régnait à Reims a démontré que le PS, au-delà de cette question du « vivre ensemble », avait aussi du mal à vivre avec les autres, en l’occurrence les journalistes, insultés, traités comme du bétail à la fois par le service d’ordre et les dirigeants du PS.

A Reims, les Socialistes ont échoué sur tous les plans, médiatiquement, politiquement, idéologiquement. Après le radical-socialisme est peut-être venu le temps du ridicule-socialisme.

Charles Comman/Otto Lustig