La prédominance canine

1 07 2009

D’après une étude très sérieuse publiée dans le dernier numéro de la revue Nature, la race canine verrait sa population augmenter chaque année de plus de 300 % et ce depuis le début de cette décennie ; les principaux foyers de développement se situant dans les pays du Sud.  Auparavant, l’accroissement n’était que modérée et ne dépassait pas, en tout cas, celle de la population humaine.

Plusieurs explications à ce phénomène sont avancées : des facteurs environnementaux et sociaux (l’accélération de l’élevage et de la domestication des chiens en Chine et en Inde) ; des facteurs génétiques (l’amélioration de leur ration alimentaire rendrait le sperme canin de meilleure qualité tout en favorisant l’ovulation) ; mais aussi des facteurs indéterminés qui expliqueraient, par exemple, la recrudescence des actes de copulation et la multiplication des portées nombreuses (plus de dix chiots).

D’après l’OMS, la population de chiens dans le monde avoisinerait en ce moment les 150 millions, soit bien moins que les êtres humains (un peu plus de six milliards d’individus). Mais au rythme actuel de l’évolution de ces deux espèces, la courbe de la population canine devrait dépasser celle des humains d’ici une cinquantaine d’années. Pire, en 2100, les chiens seront vraisemblablement deux fois plus nombreux que nous – si rien n’est fait d’ici là.

La revue Nature tire à ce sujet une conclusion alarmante: la morphologie canine ayant tendance à s’allonger et à s’épaissir dans des proportions supérieures à celles diagnostiquées chez nous-mêmes, nous pourrions bien nous retrouver submerger et passer sous la coupe des chiens, en raison de leur prochain surnombre et de leur puissance décuplée.

Le Professeur Allen Eisenberg de l’université de l’Iowa, spécialisé dans la génétique canine et dans l’étude comportementale de nos petits toutous, estime d’ailleurs que la domination de l’homme sur les autres espèces animales est d’ores et déjà menacée. Il en veut pour preuve le résultat d’une expérience étalée sur trois années qu’il vient de réaliser avec son équipe de chercheurs. Dix familles-témoins ont accueilli en leur sein un seul chien; dix autres familles, deux chiens; à nouveau, dix familles ont accepté d’héberger trois chiens et ainsi de suite jusqu’à cinq. A noter que tous ces animaux ont été au préalable stérilisés afin de garantir la valeur scientifique de cette expérimentation.

Le Professeur et son équipe ont obtenu des résultats inquiétants, dépassant leurs pires espérances. Plus les chiens sont nombreux, plus les liens familiaux se distendent et plus les individus rencontrent des problèmes sociaux, psychologiques ou de santé. Trois suicides ont été enregistrés, deux au moins découlant directement de la présence des chiens dans le foyer (ces événements ont contraint chaque fois à une suspension temporaire du test). En outre, 17 divorces et deux séparations s’expliquent aussi par la participation à l’expérience, le couple ne parvenant plus à s’entendre, l’un voulant conserver les chiens, l’autre s’en séparer et arrêter là les frais. La plupart des enfants de ces familles ont été confrontés  à une baisse de leurs résultats scolaires (44 redoublements ont été constatés sur les trois années) tandis que 25 parents au total ont perdu leur emploi, un niveau bien plus important que dans la population générale.

Allen Eisenberg et sa troupe ont surtout été frappés par le fait qu’au sein de 17 foyers-témoins, les chiens avaient pris le dessus sur les familles. Dans ces 17 cas, la vie familiale tournait directement autour de celle des chiens qui décidaient de tout, faisaient ce que bon leur semblait. Et dans cinq cas, les familles avaient même été dépossédées de leur logement et s’étaient réfugiées dans une seule pièce, la plupart du temps la cave ou le garage.

Depuis l’aboutissement de cette douloureuse expérience, les candidats (non rémunérés) bénéficient d’un suivi psychologique (financé par l’Université de l’Iowa) afin de se reconstruire. Et pendant ce temps, le Professeur Allen Eisenberg presse le Congrès américain de lui octroyer de nouveaux fonds publics afin de poursuivre et compléter ses recherches. Il a aussi profité de sa présence à Washington pour remettre un rapport au Président Obama, lequel a sérieusement promis de garder ses distances avec Bo, le nouveau chien de la Maison Blanche.

Charles Comman

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