Interview de Dean Aeckerman

16 03 2009

La répétition et la multiplication des actes de cannibalisme font clairement penser à une sorte d’épidémie. Qu’en pensez-vous ?

Je suis pour le moins sceptique. Les derniers examens semblent démontrer qu’aucun virus ou agent infectieux n’est en cause.

Un virus, parti d’Amérique latine aurait-il pu gagner le nord du continent – ce qui expliquerait l’apparition de cas d’anthropophagie aux Etats-Unis et au Canada ? (Il faudrait craindre alors que l’Europe et l’Asie soient touchées à leur tour, peut-être dans les jours qui viennent.)

Encore une fois, nous sommes confrontés à une situation dont nous ignorons la logique. Je me garderai donc de prophétiser une catastrophe, en dépit de l’intérêt scénaristique.

Il y a de cela quelques jours, un virologue américain a émis une hypothèse pour le moins effrayante. Un virus non encore identifié se propagerait par l’air ; une fois respiré par quelqu’un, il se répandrait rapidement dans le corps et provoquerait dans la partie du cerveau chargée de réguler le comportement, une altération chimique susceptible de générer des actes de cannibalisme. Qu’en pensez-vous ?

Je n’adhère pas du tout à cette vision catastrophiste et un peu fantasmatique. D’ailleurs, vous l’avez peut-être remarqué, mais cette éventualité a été suggérée sur le sol américain, patrie du cinéma d’action et du sensationnalisme.

Vous rejetez catégoriquement l’hypothèse avancée par le Professeur Bloker ?

Aucun des virus actuellement répertoriés, y compris parmi les plus résistants, ne peut se répandre par voie aérienne, circuler au-dessus des continents, d’Argentine jusqu’au Canada, en passant par le Brésil et l’Amérique centrale, en supportant des changements de température considérables, le tout dans un laps de temps très court. Un tel scénario n’est pas scientifiquement sérieux. Par ailleurs, et c’est peut-être l’élément le plus révélateur, les cas d’anthropophagie ne sont accompagnés d’aucun signe clinique. Des médecins ont eu l’occasion de faire subir toute une série d’examens aux « cannibales ». Nous n’avons rien retrouvé, absolument rien ; ces personnes sont apparemment en parfaite santé, comme vous et moi. Tout porte à croire que nous n’avons pas affaire à un virus.

De quoi s’agit-il alors, selon vous ?

Je penche pour l’hypothèse du mimétisme. Quelqu’un a commencé le cycle (au Brésil, dans les campagnes, si je ne m’abuse). Les médias locaux ont fait beaucoup de bruit sur cette affaire, et il y avait certainement de quoi. Ensuite, d’autres gens, poussés au désespoir ou retranchés dans leur folie ont malheureusement imité le geste. Peut-être aussi que certains, paniqués à l’idée d’être mangés à leur tour, ont décidé de prendre les devants.

Plusieurs médias « citoyens » accusent les autorités de dissimuler des informations. Quel est votre avis là-dessus ?

C’est parfaitement ridicule ! La pression médiatique est telle que les autorités politiques et scientifiques doivent faire preuve de la plus grande transparence – ce qui peut s’avérer problématique en termes de gestion de crise. Mais c’est un autre problème.

Otto Lustig

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