La victoire de l’écran

27 01 2009

Un simple et rapide constat.

L’écran a gagné. Il est partout au point d’être devenu systématique. Dans les entreprises, les foyers et même dans la rue, en version miniature, puisque des gens se promènent en tenant entre leurs mains, une mini tévé ou alors un jeu vidéo portable. Et puis il ne faut pas l’oublier mais certains visionnent leur téléphone portable et parlent à distance en étant vu de leurs interlocuteurs. Grâce à que l’on appelle la visiophonie.

Autrefois, on lisait le journal ou bien un livre dans le métro. Et le soir, une fois de retour au domicile et jusqu’au moment du coucher, en famille, en couple ou bien seul dans sa chambre, on lisait encore et toujours ou l’on se parlait entre générations autour d’un dîner, d’un feu de cheminée. On discutait de choses et d’autres, on se racontait des histoires, toutes ces petites histoires, anodines en apparence, de nos quotidiens respectifs. Et pourtant, elles forment le socle de nos vies communes.

Nos parents et grands-parents sont les témoins de ces pratiques révolues et peuvent certifier du fait que je ne triche pas et qu’il y a dans cette vérité que j’avance une grande part d’exactitude.

Désormais, donc, nous regardons. Nous sommes scotchés sur un écran pendant que défilent les stations. Et nous restons dans cette position ou attitude le soir devant la tévé et parfois jusqu’à très tard la nuit, devant l’ordinateur. Et c’est encore face à l’ordinateur que nous nous retrouvons, le lendemain matin au travail. Encore et toujours l’écran.

Faut-il se plaindre de cette situation?

J’ai tendance à croire que non. Car je me méfie toujours des courants de pensée qui prônent le retour en arrière et glorifient une histoire lointaine, un passé prétendument « meilleur », tout en pointant du doigt la technologie et ses dérives supposées.

Seulement, il faut bien l’admettre, cette victoire de l’écran, sur l’écrit essentiellement (mais peut-être existe-t-il d’autres perdants) s’accompagne d’une espèce de folie frénétique consumériste et matérialiste autour de l’objet de référence: l’écran. Je ne veux pas dire par là ce que j’ai développé plus haut, à savoir que l’écran est partout (du reste, c’est un simple constat que tout le monde peut faire). Non, je sous-entendais que la possession et l’utilisation – c’est-à-dire la consommation – de l’objet en question, empruntait à l’obsession, au sens psychologique du terme.

Et il en résulte à mon avis toute une série d’inquiétants phénomènes: généralisation du voyeurisme, goût pour la violence, renfermement sur soi, montée de l’illettrisme, claustration, etc.

Qu’en déduire?

(à suivre…)

Charles Comman/Otto Lustig

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One response

28 01 2009
infundibuliforme

« Illettrisme » : cela me rappelle La lettre à tous ceux qui aiment l’école de Luc Ferry, dans laquelle ce dernier voulait s’attaquer à « la violence et l’illétrisme ». Était-ce de sa part une simple coquille ?

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