Carnet très intime de Nicolas S.

15 12 2008

Aujourd’hui, déjeuner en compagnie d’Edouard Balladur, mon ancien mentor. Heureusement, il est venu sans sa femme, Marie-Josèphe, clouée au lit en raison d’une gastro-entérite foudroyante et sans son chien, Auguste, un caniche milanais qui s’est échappé du domicile familial du seizième arrondissement il y a de cela quelques jours. Ces trois-là réunis m’ennuient encore plus qu’un Conseil des Ministres ou un tête à tête avec Michèle Alliot-Marie. C’est dire le calvaire auquel j’ai échappé…

Lui et moi, nous continuons de nous vouvoyer comme au bon vieux temps sous Mitterrand, sauf que maintenant, dans la hiérarchie politique, c’est moi qui le dépasse, qui suis au-dessus. J’ai le titre de Président de la République, et au regard de l’Histoire, il restera au mieux un Premier ministre de cohabitation. Alors, pour marquer ma supériorité, je devrais peut-être le tutoyer la prochaine fois.

Ce qui donnerait: « Edouard, je te passe le pâté? »

Pendant le repas, il s’est absenté à plusieurs reprises. Sans doute souffre-t-il d’une infection urinaire ou quelque chose comme ça. A moins qu’il n’ait ressenti le besoin de se repoudrer ou replacer sa perruque. A la troisième absence, je me suis dit qu’il devrait se faire apposer une sonde ou alors porter des couches ou des serviettes. Mais comment parler aussi crument à un homme persuadé de vivre encore sous l’Ancien Régime?

Il y a des schizophrènes qui ont été internés pour moins que ça.

Mon plus jeune fils, Louis, me cause de plus en plus de soucis. Hier, roulant dans la rue à Neuilly sur sa trottinette, il est rentré dans le vélo d’un adolescent, lequel s’est retrouvé à terre sous l’effet de l’impact. Mais au lieu de lui porter secours, Louis s’est enfui. L’adolescent accidenté a évidemment porté plainte pour coups et blessures, non-assistance à personne en danger et délit de fuite. J’espère que cette affaire ne finira pas au tribunal. Sinon, je devrais encore intervenir auprès des juges.

Et ce soir, comble de malchance: Carla vient d’arriver et révise ses gammes à l’Elysée, dans la pièce contiguë à mon bureau, croyant en cela me faire plaisir. Mais le résultat, c’est que je ne peux pas travailler sereinement alors que la crise nécessite de ma part une mobilisation de tous les instants. Impossible de me concentrer. Les murs tremblent et tout à l’heure, pendant que j’écrivais un courrier à Angela et que je cherchais une formule de politesse, j’ai vu le lustre trembler.

Je n’ose pas avouer à ma petite Carla combien j’abhore sa musique depuis le début de notre relation. Au moins, Cécilia se contentait de parler.

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3 responses

16 12 2008
Lucass

comment avez vs eu accès à ces carnets ?
de quand datent ils ?

16 12 2008
effetdomino

SI je vous répondais, je risquerais gros.

18 12 2008
foxy

AH ah ah

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