Faut-il détruire Paris?

28 11 2008

La question se pose sérieusement. Alors je me permets de la poser très sérieusement: peut-on continuer à vivre au milieu de vieilleries comme des personnes âgées qui garderaient précieusement leurs reliques avant la minute finale ? Ne sommes-nous pas en train de devenir vieux nous-mêmes, nous les Parisiens?

Cette cité muséïfiée, fossilisée est en train de nous miner le moral. Pas un jour sans que je tombe sur une personne marquée, travaillée et même habitée par cette atmosphère à la fois pesante et inamovible. Un peu comme si le couvercle d’une urne funéraire avait été posé sur nos têtes.

Au cas où vous ne me croiriez pas, je vous invite à ouvrir grand les yeux dès lors que vous sortez de chez vous. Regardez bien les gens que vous croisez dans la rue ou le métro à 9 heures le matin, à 14 heures l’après-midi ou à 20 heures le soir. A toute heure du jour ou de la nuit. Vous constaterez de vous-même, j’en suis certain, que seule la catégorie des touristes (ou des gens de passage) paraît heureuse et en bonne santé mentale. Pourquoi? La réponse coule de source: sans doute apprécient-ils de pouvoir visiter gratis un musée à ciel ouvert. Et plus particulièrement en ce moment, époque où le pouvoir d’achat s’effondre à la même vitesse et dans les mêmes proportions que les ventes de disques de Cécilia Bruni-Sarkozy. C’est dire…

Oh, certes, il faut préserver et entretenir les traces de l’Histoire. Mais tout de même, sans un minimum de régénération, n’importe quel corps ou objet finit par s’user ou par contracter des maladies.

Alors, à ce stade de mon article, je me souviens d’une sympathique initiative lancée il y a peu par un expatrié de retour à Paris: la « Demolition party ». Alexandre Allard, 39 ans, ayant fait fortune dans le marketing, a racheté le vieillot « Royal Monceau » pour quelques millions d’euros à peine. Désirant rénover de fond en comble ce palace dont le décor n’avait pas été renouvelé depuis belle lurette, Allard Alexandre a imaginé une gigantesque fête où artistes de tous les genres et de toutes les générations viendraient pour une nuit démolir, casser de la brique et fendre du bois.

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Je n’étais pas convié mais il paraît que les néo-bucherons se sont bien amusés. En tous les cas, le champ est libre maintenant pour une réfection généralisée qui devraient nécessiter quelques mois de travaux encore. Après la réouverture de l’établissement, l’heureuse et fortunée clientèle saura prendre soin, nous l’espérons, des murs et du nouveau parquet (ainsi que des meubles dessinés par Philippe Starck).

Maintenant, mon idée est la suivante: nous pourrions exhumer de nos caves et greniers tout ce qui ressemble de près ou de loin à une pioche, à un pieux et organiser dans la foulée une « global demolition party », dans Paris ; chacun se réservant un pan de mur. Il sera toujours temps, ensuite, de penser à reconstruire la ville sur des bases plus contemporaines et, je l’espère, plus ludiques.

Charles Comman/Otto Lustig

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2 responses

28 11 2008
23coeur*

« peut-on continuer à vivre au milieu de vieilleries, comme des personnes âgées ? »

C’est gentil votre blogue : pas trè sympa de comparer les vieilleries aux personnes âgée

26 12 2008
nicolas Sarkozy

salut ! toujours intéresssant ce blog 🙂 vous pouriez apporter quelques précisions: ainsi que des meubles dessines par philippe starck ? auc plaisir !

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